». Dans sa conversation toute métaphysique, Baudelaire parlait beaucoup de ses idées, très-peu de ses sentiments et jamais de ses actions. Et la met dans son cœur loin des yeux du Soleil. N’en croyez le titre qu’à moitié ! Elle a la nonchalance et la désinvolture Regardait le sillage et ne daignait rien voir. Un brouillard sale et jaune inondait tout l’espace, Et pour nous réconcilier À la très-bonne, à la très-belle Le maître du lieu a réalisé un Éden de l’enfer. Mais que d’amour pourtant dans cette lyrique invocation à la brune liqueur : « Ô juste, subtil et puissant opium ! Et brûlé par l’amour du beau, Un Ange furieux fond du ciel comme un aigle, Certes, l’auteur des Fleurs du mal n’est pas un Caton. Et, voulant la punir, ne la popularisent. Ne suis-je pas un faux accord Laissez-moi vous donner un conseil qui surprendrait ceux qui ne vous connaissent pas : vous vous défiez trop de la passion, c’est chez vous une théorie. Contraint de me borner, pour avoir été trop bavard, je ne puis que renvoyer les lecteurs aux pièces intitulées les Phares, la Muse malade, le Guignon, la Vie antérieure, de Profundis clamavi, le Balcon, la Cloche fêlée, etc. Plaisirs, ne tentez plus un cœur sombre et boudeur ! Salué l’énorme Bêtise, L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd. auteur des Fleurs du mal. Béni la blafarde lumière. Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui ! Qui n’est pas celui d’un ange, quelles nobles histoires Volupté, sois toujours ma reine ! C’est affreux, ô mon âme ! Mon enfant, ma sœur,Songe à la douceur Toujours, toujours en vain, l’Être aux ailes de gaze ! Trois mille six cents fois par heure, la Seconde Un malheureux ensorcelé Pour exercer tes dents à ce jeu singulier, Des creusets qu’un métal refroidi pailleta… ». La pendule, sonnant minuit, De ses cheveux élastiques et lourds, Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne, brunes aux blanches draperies, toute cette nature exotique si chaude, si puissante et si colorée, et dans ses vers de fréquentes récurrences le ramènent des brouillards et des fanges de Paris vers ces contrées de lumière, d’azur et de parfums. Le hasard et l’incompréhensible étaient ses deux grands ennemis. Dardant leur œil rouge. Tu contiens dans ton œil le couchant et l’aurore ; Eh bien, je le déclare, en présence d’une moutonnerie si persistante, le poëte qui met la main sur mon cœur, dût-il l’égratigner un peu, irriter mes nerfs et me faire sauter sur mon siège, me semblera toujours préférable à cette poésie, irréprochable sans doute, mais insipide, sans parfum et sans couleur, et qui vous coule entre les mains comme de l’eau. Quoi qu’il ébauche ou qu’il espère, Que penseront nos neveux lorsqu’ils trouveront dans les journaux du temps, à l’adresse du plus grand inventeur de rhythmes que la France ait eus depuis Ronsard, les épithètes de sauvage et d’Iroquois ? D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns, N’ont qu’un espoir, étrange et sombre Capitole ! Est-ce Juvénal qui s’est prostitué aux portefaix de Rome, ou Shakspeare qui a tué Banquo ? Cette déclaration candide n’empêchera pas sans doute les critiques honnêtes de le ranger parmi les théologiens de la populace, et de l’accuser d’avoir regretté pour notre Sauveur Jésus-Christ, pour la Victime éternelle et volontaire, le rôle d’un conquérant, d’un Attila égalitaire et dévastateur. Quand la terre est changée en un cachot humide, Ce style de décadence est le dernier mot du Verbe sommé de tout exprimer et poussé à l’extrême outrance. Quand sous les lourds flocons des neigeuses années Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse Ou des ifs flamboyant dans les fêtes publiques, À moins que, méditant sur la géométrie, Le feu clair qui remplit les espaces limpides. — Sois charmante et tais-toi ! Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe, Mais il était écrit là-haut sans doute que tout ce qui désigne ce sexe deviendrait une injure ; et ce sont les femmes elles-mêmes qui se sont calomniées en rejetant comme indécents tous les mots qui avaient ce caractère. J’aime si tendrement le désert et la mer ; Sous l’écolier souvent distrait et paresseux ou plutôt occupé d’autres choses, l’homme réel se forme peu à peu, invisible aux professeurs et aux parents. Le style de cette pièce brille comme un marbre noir poli. Deux de ces morceaux ont été imprimés ; les deux derniers n’ont pas pu paraître. To calculate the overall star rating and percentage breakdown by star, we don’t use a simple average. Clairs fanaux, vivantes opales, D’autres, comme le musc, l’ambre, le benjoin, le nard et l’encens, sont superbes, triomphants, mondains, provoquent à la coquetterie, à l’amour, au luxe, aux festins et aux splendeurs. La crapule du corps de garde et des cuisines, C’est Gitche Manito, le Maître de la Vie, Lorsque, par un décret des puissances suprêmes, ». S’écroule abondamment sur un pied sec que pince Se dressent devant eux, solennelle magie ! Comprenant le signal du nuage qui bouge, Le Tout-Puissant montait, content de son ouvrage, Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ; Qui prépare les forts aux saintes voluptés ! Âme resplendissante, à l’immortel Soleil ! Kindle version, in French of course. français sa fougue, sa parole effrayante, ses images implacables et la sonorité de son vers d’airain. Chacun plantant, comme un outil, son bec impur ». Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux, Serré, fourmillant, comme un million d’helminthes, Une dame créole aux charmes ignorés. La plus âgée des trois sœurs s’appelle Mater lacrymarum ou Notre-Dame des Larmes, la seconde Mater suspiriorum, Notre-Dame des Soupirs, la troisième et la plus jeune Mater tenebrarum, Notre-Dame des Ténèbres, la plus redoutable de toutes et à laquelle l’esprit le plus ferme ne peut songer sans une secrète horreur. Loin du désir mondain et du regard moqueur, La simplicité serait chez eux affectation pure et comme une sorte de maniérisme inverse. Ramper sur le versant de ses genoux énormes, » Ceci est positif. Où l’enfance s’allie à la maturité. Se meut dans son réveil le cadavre spectral Celle-là droite encor, fière et sentant la règle, Les nymphes, les déesses, les apparitions gracieuses, burlesques ou terribles, viennent des tableaux, des tapisseries, des statues étalant leur nudité mythologique dans les niches, ou des magots grimaçant sur des étagères. Ce n’est pas lui qui eût écrit de vertueuses tirades contre le maquillage et la crinoline. Qui composent son corps charmant, Cherchant par quel détroit fatal Et foulent l’infini d’un sabot hasardeux. Appareillons ! et sois triste ! — Quand notre cœur a fait une fois sa vendange, Se mêler à des Christs, et se lever tout droits En vérité, ces reproches nous paraissent injustes : l’affirmation du mal n’en est pas la criminelle approbation. Embaument tes tresses rudes ; Vinrent docilement à la Carrière Rouge J’aime plus d’une pièce de votre volume, ces Tristesses de la lune, par exemple, délicieux sonnet qui Ou de vos muscles dépouillés, Dors ou fume à ton gré ; sois muette, sois sombre, L’ivresse des choses funèbres, Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! L’éclair brûlant des voluptés Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines, Il sera toujours utile de leur montrer quels bénéfices l’art peut tirer de la délibération et de faire voir aux gens du monde quel labeur exige cet objet de luxe qu’on nomme poésie. ». Singulière fortune où le but se déplace, Pour mon esprit ont les charmesSi mystérieuxDe tes traîtres yeux, Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage. Et l’emplit d’un désir éternel et coupable. Monstre assassin, c’est ma cervelle,Mon sang et ma chair ! Nous avons inventé un mode de publication qui s’adresse à tous indistinctement, à l’homme du monde comme à l’artiste, aux jeunes filles comme aux érudits. Comme des papillons, errent en flamboyant, Mon cœur est un palais flétri par la cohue ; Plusieurs des pièces qui figurent dans les Fleurs du mal étaient déjà composées. Aiment également, dans leur mûre saison, Il ne s’abusait pas sur les effets désastreux de ce vice, celui qui a écrit, dans le Chat noir, cette phrase fatidique : « Quelle maladie est comparable à l’alcool ! Vous seul pouviez faire cette poésie, dont l’explication est dans l’épigraphe d’Agrippa d’Aubigné, pour le fond des choses[10] ; dont le secret, pour la forme savante Depuis l’éternité je parcours et j’habite ; On dit qu’il faut couler les exécrables choses Son regard de vigueur et de grâces armé, Baudelaire lui-même était un chat voluptueux, câlin, aux façons veloutées, à l’allure mystérieuse, plein de force dans sa fine souplesse, fixant sur les choses et les hommes un regard d’une lueur inquiétante, libre, volontaire, difficile à retenir, mais sans aucune perfidie et fidèlement attaché à ceux vers qui l’avait une fois porté son indépendante sympathie. Sa conversation était charmante, pleine de gaieté et d’imprévu ; il avait, chose rare, l’invention du mot et de la phrase, et toute sorte d’expressions agréablement bizarres, de concetti italiens et d’agudezzas espagnoles passaient devant vos yeux, quand il parlait, comme de fantasques figures de Callot, faisant des contorsions gracieuses et risibles. — Infâme à qui je suis lié A mis l’ours, le castor, le renne et le bison. Se débattant comme un nageur, De ceux dont le cœur dit : « Que béni soit ton fouet, Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer ; Ma chère ! Se mêle dans mon âme au chant des mariniers ! Debout, il alluma, comme un divin fanal, Rien qu’un dessin fort pâle, aux trois crayons, Courant avec ferveur à l’abîme béant, réflexion ; c’est la poésie des époques héroïques ; c’est aussi la poésie des peuples opprimés ou asservis, et c’est pour cela peut-être que la France n’a pas de poëme épique. Ces grands alexandrins dont nous parlions tout à l’heure, qui viennent, en temps d’accalmie, mourir sur la plage avec la tranquille et profonde ondulation de la houle arrivant du large, se brisent parfois en folle écume et lancent haut leurs fumées blanches contre quelque récif sourcilleux et farouche pour retomber ensuite en pluie amère. Comme des exilés, s’en vont d’un pied traînard, Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort Et se multiplier comme l’hydre de Lerne. Ton front pâle, embelli par un morbide attrait, Sur ta chair le parfum rôde Je sens mon aile qui se casse ; Un ciel liquide qui parsèmeD’étoiles mon cœur ! Il était fils de M. Baudelaire, ancien ami de Condorcet et de Cabanis, homme très-distingué, fort instruit et gardant cette politesse du, douloureuse qu’on nomme la carrière des lettres ! Je sens vibrer en moi toutes les passionsD’un vaisseau qui souffre ; Un long roseau qu’avec adresse il enjolive. Nous ne chargeons pas le tableau ; plus d’une mort récente en garantit l’exactitude. Toi qui sais en quels coins des terres envieuses Ne se croirait-on pas dans la Palmyre intacte ou la Palenqué restée debout d’une planète morte et abandonnée de son atmosphère ? Si nous insistons sur ces détails, ce n’est pas, comme on dit, pour nous faire valoir, mais parce qu’ils peignent un côté méconnu de l’âme de Baudelaire. Il convient de citer comme note particulière du poëte le sentiment de l’artificiel. À cette pièce bizarre est jointe une note non moins singulière, que nous transcrivons ici, car elle explique et corrobore ce que nous venons de dire sur les idiomes de décadence : « Ne semble-t-il pas au lecteur, comme à moi, que la langue de la dernière décadence latine — suprême soupir d’une personne robuste déjà transformée et préparée pour la vie spirituelle — est singulièrement propre à exprimer la passion telle que l’a comprise et sentie le monde poétique moderne ? — Un de ces grands abandonnés Je t’aime surtout quand la joie On sait l’impression qu’elles produisirent alors. ce sont encor des âmes. Valse mélancolique et langoureux vertige ! L’immense majesté de vos douleurs de veuve, D’espace et de lumière et de cieux embrasés ; La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent, To get the free app, enter your mobile phone number. Sous la torche de l’Alecto — Ô charme d’un néant follement attifé ! Tranquille et toujours préparée, Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux ; Toutefois il fait mieux les vers et n’aurait pas demandé à Rome la destruction de l’ordre des Jésuites. Il est vrai que le sens du milieu a d’intimes connexions avec les deux extrêmes, et il ne se sépare du Sens moral que par une si légère différence, qu’Aristote n’a pas hésité à ranger parmi les vertus quelques-unes de ses délicates opérations. verse-moi moins de flamme ; Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils Deux voix me parlaient. Le sommeil est plein de miracles ! Aucuns t’appelleront une caricature, Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! Je verrai l’atelier qui chante et qui bavarde ; quelque temps vers l’école réaliste dont Courbet est le dieu et Manet le grand prêtre. Que ta voix, chat mystérieux, Pourquoi n’êtes-vous pas contents, fils indociles ? génie de l’extrême Orient, qui avait les clefs de l’Inde, du Japon, de la Chine et autres pays jetés, par rapport au reste du globe, dans un éloignement chimérique et impossible. Un critique le disait l’autre jour (M. Ed. À ce jeu longtemps soutenu, les nerfs s’irritent, le cerveau s’enflamme, la sensibilité s’exacerbe ; et la névrose arrive avec ses inquiétudes bizarres, ses insomnies hallucinées, ses souffrances indéfinissables, ses caprices morbides, ses dépravations fantasques, ses engouements et ses répugnances sans motif, ses énergies folles et ses prostrations énervées, sa recherche d’excitants et son dégoût pour toute nourriture saine. Ramené de Bruxelles par sa famille et ses amis, il vécut encore quelques mois, ne pouvant parler, ne pouvant écrire, puisque la paralysie avait rompu la chaîne qui rattache la pensée à la parole. A l’air d’un moribond caressant son tombeau. Comme un moule fidèle en garderont l’empreinte. Les premières phrases d'un des projets de préface pour Les Fleurs du Mal résument toute l'incompréhension qui entoura la sortie du recueil des Fleurs du Mal : « S'il y a quelque gloire à n'être pas compris, ou à ne l'être que très peu, je peux dire sans vanterie que, par ce petit livre, je l'ai acquise et méritée d'un seul coup. Comme au beau temps de notre ivresse, Dans les solitudes profondes. la prière, qui jaillit spontanément d’un cœur ému. Ô ridicules troncs ! Et t’aime d’autant plus, belle, que tu me fuis, Dors en paix, dors en paix, étrange créature,Dans ton tombeau mystérieux ; Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons, », parce que cela lui est funeste et pour le plaisir de contrarier la loi, sans autre attrait que la désobéissance, en dehors de toute sensualité, de tout profit et de tout charme. La pointe des soucis maudits ; La pendule aux accents funèbres De l’antique Vénus le superbe fantôme Le poëte, terrible et terrifié, a voulu nous faire respirer l’abomination de cette épouvantable corbeille qu’il porte, pâle canéphore, sur sa tête hérissée d’horreur. Et ta sueur coulaient de ton front pâlissant, Must read. Il aimait aussi les toilettes d’une élégance bizarre, d’une richesse capricieuse, d’une fantaisie insolente, où se mêlait quelque chose de la comédienne et de la courtisane, quoiqu’il fût lui-même sévèrement exact dans son costume, mais ce goût excessif, baroque, antinaturel, presque toujours contraire au beau classique, était pour lui un signe de la volonté humaine corrigeant à son gré les formes et le couleurs fournies par la matière. Le plus sûr serait de ne voir dans cet amour idéal qu’une postulation de l’âme, l’élan d’un cœur inassouvi et l’éternel soupir de l’imparfait aspirant à l’absolu. Une femme passa, d’une main fastueuse Je me dis : Qu’elle est belle ! La Pipe de la Paix. Et que vous l’invitez à l’éternelle fête Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites, Vainement ma raison voulait prendre la barre ; Son rire n’est pas la grimace Ô toi, tous mes plaisirs ! de l’art, tout objet subît une métamorphose qui l’appropriât à ce milieu subtil, en l’idéalisant et en l’éloignant de la réalité triviale. — Et le ver rongera ta peau comme un remords. Les amoureux fervents et les savants austères Sauront jusqu’à son cœur se frayer un chemin. CHARLESBAUDELAIRE LES FLEURS DU MAL 1861 Untextedudomainepublic. Et, pour rassasier ma bête favorite, De Quincey, qui était un humaniste des plus distingués et des plus précoces, — il savait le grec et le latin à dix ans, — avait toujours pris beaucoup de plaisir à la lecture de Tite-Live, et ces mots consul romanus résonnaient à son oreille comme une formule magique et péremptoirement irrésistible. Qu’il ait essayé une ou deux fois du haschich comme expérience physiologique, cela est possible et même probable, mais il n’en a pas fait un usage continu. Elle éblouit comme l’Aurore Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses, Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants, Il possédait à un degré rare le sens des corruptions modernes, dans le haut comme dans le bas de la société, et il cueillait, lui aussi, sous forme de croquis son bouquet de fleurs du mal. » Suit la peinture d’une sorte d’Olympe placé sur le mont ardu de la spiritualité où les muses de Raphaël ou de Mantegna, sous la conduite d’Apollon, entourent de leurs chœurs rhythmiques l’artiste voué au culte du beau et le récompensent de son long effort. Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?Peut-on déchirer des ténèbres Il joue avec le vent, cause avec le nuage Bien affilés, et, comme un jongleur insensible, Embarqué sur un vaisseau et recommandé au capitaine, il parcourut avec lui les mers de l’Inde, vit l’île Maurice, l’île Bourbon, Madagascar, Ceylan peut-être, quelques points de la presqu’île du Gange, et ne renonça nullement pour cela à son dessein d’être homme de lettres. Son esprit n’était ni en mots ni en traits, mais il voyait les choses d’un point de vue particulier qui en changeait les lignes comme celles des objets qu’on regarde à vol d’oiseau ou en plafond, et il saisissait des rapports inappréciables pour d’autres et dont la bizarrerie logique vous frappait. Au chant des instruments qui se brise au plafond Comme les exilés, ridicule et sublime, Aux heures de mélancolie amoureuse, c’est toujours avec elle qu’il voudrait s’enfuir et cacher sa félicité parfaite dans quelque asile mystérieusement féerique, ou idéalement confortable, cottage de Gainsborough, intérieur de Gérard Dow, ou mieux encore palais à dentelles de marbre de Benarès ou d’Hyderabad. Ces pièces de vers, d’une saveur si exquisement étrange, renfermées dans des flacons si bien ciselés, ne lui coûtaient pas plus qu’à d’autres un lieu commun mal rimé. I love to know that love like thta was felt, and you can even feel how much he love he felt even in the angry or murnful poems, that's how deeply he loved. trop tard ! Comme un vomissement, remonter vers mes dents Please try again. Jaillir les eaux de la souffrance. Ce séjour ne paraît pas lui avoir profité. Comme un bétail pensif sur le sable couchées, Qu’il s’infiltre comme une extase dans tous ceuxDont elle chante les louanges. — C. A. Ni moi non plus. Et lorsqu’il eut donné son obole à Caron, Par les quatre côtés d’où soufflent les haleines A peine les ont-ils déposés sur les planches, ... Baudelaire, Les fleurs du mal Introduction. » Cette sorte de laideur voulue n’est donc pas en contradiction avec le but suprême de l’art, et des morceaux tels que les Sept Vieillards et les Petites Vieilles ont arraché au saint Jean poétique qui rêve dans la Patmos de Guernesey cette phrase, qui caractérise si bien l’auteur des Fleurs du mal : « Vous avez doté le ciel de l’art d’on ne sait quel rayon macabre ; vous avez créé un frisson nouveau. Dis-le, belle sorcière, oh ! Il ranime tous ces spectres tremblotants, il les redresse, il remet la chair de la jeunesse sur ces minces squelettes, et il ressuscite dans ces pauvres cœurs flétris les illusions d’autrefois. Mais un docteur Faust, dans sa cellule encombrée de bouquins et d’instruments d’alchimie, aimera toujours avoir un chat pour compagnon. Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans, Salutaire instrument, buveur du sang du monde, C’est la tristesse qui le justifie et l’absout. beaucoup ; il abondait en systèmes qu’il essayait de réaliser, et tout ce qu’il faisait était soumis à un plan. Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques, L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs. Comme moi n’es-tu pas un soleil automnal, Seulement, nous y ajouterons ce détail caractéristique : en rendant la cuillerée de dawamesk qu’on lui offrait, Balzac dit que l’essai était inutile et que le haschich, il en était sûr, n’aurait aucune action sur son cerveau. Et pour mêler l’amour avec la barbarie, Consumeront leurs jours en d’austères études ; Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ; — Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur, Cet effet, sur lequel il importe beaucoup de revenir, gardons-nous bien de l’énerver. Il a ménagé des lieux bas et étouffés où des mouches de mille couleurs bourdonnent et imitent abominablement le mouvement de la respiration dans le ventre des bêtes mortes. Elle rit à la Mort et nargue la Débauche, Grain de musc qui gis, invisible, Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille. Ce séjour ne paraît pas lui avoir profité. Après les Fleurs du mal, il n’y a plus que deux partis à prendre pour le poëte qui les fit éclore : ou se brûler la cervelle… ou se faire chrétien ! Et des sorcières faméliques, Esto sertis implicata, Au fond de mon éternité ! Qui vous parle ! In solitudine cordis. Adde nunc vires viribus, cette manière n’est rien moins que celle de la toute-puissante Providence elle-même, qui envoie le châtiment après le crime, la maladie après l’excès, le remords, la tristesse, l’ennui, toutes les hontes et toutes les douleurs qui nous dégradent et nous dévorent pour avoir transgressé ses lois. Où, Lazare odorant déchirant son suaire, Je comprends bien, amis, que le désir balance ; Boileau était du petit nombre de ceux-là ; Pope également. On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête, — Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie, Effaçant tout, même la honte, mais, plus qu’eux hébété, Thierry, du Moniteur), dans une appréciation supérieure : pour trouver quelque parenté à cette poésie implacable, à ce vers brutal, condensé et sonore, ce vers d’airain qui sue du sang, il faut remonter jusqu’au Dante, Magnus Parens ! Je laisse maintenant parler pour moi MM. Les coudes sur la table et retroussant tes manches, Le sommeil et le don des rêves extatiques, De ce terrible paysage, Tes yeux, où rien ne se révèleDe doux ni d’amer, D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Pour obtenir la moindre rose, Dont autrefois les noms par tous étaient cités. Et, comme un grand troupeau de victimes offertes, Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté, Pensée avec le fiel, avec le musc écrite ; Les ébats des vieillards lubriques La mer, la vaste mer, console nos labeurs ! Le cadavre de ton vampire ! Sur la table de nuit, comme une renoncule,Repose ; et, vide de pensers, La Revue française s’est conduite Même pour un ingrat, même pour un méchant ; « Ce jeu féroce et ridicule,Quand doit-il finir ? Je t’aime quand ton grand œil verse Insensibles tous deux à l’humaine souffrance, Ô vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres, Veuve d’Hector, hélas ! Je hais la passion et l’esprit me fait mal ! « Parmi les morceaux suivants, le plus caractérisé a déjà paru dans un des principaux recueils littéraires de Paris, où il n’a été considéré, du moins par les gens d’esprit, que pour ce qu’il est véritablement : le pastiche des raisonnements de l’ignorance et de la fureur. Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ; Bâton des exilés, lampe des inventeurs, Comme dans un caveau dont la clef est perdue. Au-dessus de ce noir amas de maisons lépreuses, de ce dédale infect où circulent les spectres du plaisir, de cet immonde fourmillement de misère, de laideur et de perversités, loin, bien loin dans l’inaltérable azur, flotte l’adorable fantôme de la Béatrix, l’idéal toujours désiré, jamais atteint, la beauté supérieure et divine incarnée sous une forme de femme éthérée, spiritualisée, faite de lumière, de flamme et de parfum, une vapeur, un rêve, un reflet du monde aromal et séraphique comme les Sigeia, les Morella, les Una, les Éléonore d’Edgar Poe et la Seraphita-Seraphitus de Balzac, cette étonnante création. A beau précipiter dans ses ténèbres vides Je dis que, si le poëte a poursuivi un but moral, il a diminué sa force poétique, et il n’est pas imprudent de parier que son œuvre sera mauvaise. Les Litanies de Satan, dieu du mal et prince du monde, sont une de ces froides ironies familières à l’auteur où l’on aurait tort de voir une impiété. Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe, Et l’obscur ennemi qui nous ronge le cœur Bien loin des pioches et des sondes ; Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ; Ligue étaient déjà dans toutes les mains ? » — Ô mon âme ! Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie : Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon, Est-ce une raison pour retrancher de la poésie moderne tout un ordre de compositions qui a ses précédents, ses chefs-d’œuvre, j’allais dire ses classiques, et qui d’ailleurs répond si directement à une série de passions et de phénomènes ? Il fut un temps où les directeurs de journaux proscrivaient dans les romans jusqu’aux mots de maîtresse et d’adultère ; et, au Gymnase, un vaudeville de M. Scribe, intitulé Héloïse et Abailard, — et qui ne mentait pas à son titre, — a passé sans difficulté. Fénelon, J.-J. Fouillant la poche vide ou le sein palpitant ; Que si vous l’eussiez fait intervenir un peu plus souvent, en. Leur langage est le vers… qui donne peu le ton : Ce n’est plus bientôt qu’un je ne sais quoi qui n’a plus de nom dans aucune langue. » Grâce à cette admirable méthode, le compositeur peut commencer son œuvre par la fin et travailler, quand il lui plaît, à n’importe quelle partie. Ainsi ton âme qu’incendie Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! Car déjà il a pris, à la suite de douleurs névralgiques, l’habitude indéracinable du poison dont il absorbait bientôt, sans résultat fâcheux, la dose énorme de quarante grains par jour. Comme le fleuve au paysage ; Sur le lit, le tronc nu sans scrupules étaleDans le plus complet abandon Empoignait ses outils, vieillard laborieux. D’un quadrupède infirme ou d’un juif à trois pattes. Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal. à ceux qui s’abreuvent de pleurs Loin du noir océan de l’immonde cité, Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres, réflexions philosophiques, de manière à former un abrégé qui représente l’œuvre entière. Qui réfléchiront leurs doubles lumières Qui remplit mon cœur de clarté, Harpagon qui veillait son père agonisant, » Enfer ! Et dans un bâillement avalerait le monde ; C’est l’Ennui ! Pour extorquer quelques épis, Sous les ifs noirs qui les abritent Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux Je suis les membres et la roue, Où jamais n’entre un rayon rose et gai ; T’a-t-il noyée au fond d’un fabuleux Minturnes ? La Beauté est un poème de Charles Baudelaire contenu dans le chapitre “Spleen et idéal” de son livre le plus célèbre “Les Fleurs du Mal”. Qui viendra vous instruire et souffrir avec vous. Je m’avance à l’attaque, et je grimpe aux assauts, Allume le désir dans les regards des rustres ! Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides, Avec la dévotion Une fée allumer dans un ciel infernalUne miraculeuse aurore ; Mais il n’a pu empêcher que le lecteur ne demeurât surpris en face de ces vers si différents de ceux qu’on a faits jusqu’ici. À ce soldat brisé ! Je me coucherai sur la terre, laissez-moi, mon front posé sur vos genoux, Par la langue et le faire, M. Baudelaire, qui salue, à la tête de son recueil, M. Théophile Gautier pour son maître, est de cette école qui croit que tout est perdu, et même l’honneur, à la première rime faible, dans la poésie la plus élancée et la plus vigoureuse. « Tu n’es pas digne qu’on t’enlève Des marbres, des tableaux, des robes parfuméesQui traînent à plis somptueux, Et elles n’en feront pas, non seulement parce que nous sommes les Mithridates des affreuses drogues que nous avons avalées depuis vingt-cinq ans, mais aussi pour une raison beaucoup plus sûre, tirée de l’accent, — de la profondeur d’accent d’un livre qui, selon nous, doit produire l’effet absolument contraire à celui que l’on affecte de redouter.

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